Réforme du collège : Pourquoi Gabriel Attal est-il pressé et peu préoccupé par les expériences de ses prédécesseurs ?

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Révision structurelle du système éducatif français : l’empressement de Gabriel Attal

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Un héritage pédagogique négligé ?

Confronté aux enjeux contemporains de l’éducation, Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale, met en avant un projet de refonte des collèges, marquant ainsi une rupture avec le format « uniforme ». Vincent Troger, spécialiste en sciences de l’enseignement, suggère dans un discours au journal « Le Monde » une réflexion sur quatre décennies de réformes éducatives et l’importance de l’apprentissage des faits historiques.

Des observations récurrentes sur les défis du collège

Dès l’intervention de François Bayrou en septembre 1993, la critique du collège unique émanait déjà du constat alarmant que l’intégration de tous les élèves de même tranche d’âge dans un seul type d’établissement entraîne une disparité importante dans les niveaux d’apprentissage, pesant sur les capacités pédagogiques des enseignants. Ce commentaire ressemble à la position actuelle de Gabriel Attal. Les journalistes Hervé Hamon et Patrick Rotman, pour leur part, avaient auparavant dressé un portrait similaire des collèges, mettant en lumière en 1984 des situations de dégradation et de violence.

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Les signaux d’alarme et les facteurs de succès

Un rappel est nécessaire jusqu’au rapport de l’inspection générale de l’éducation nationale, daté de juillet 1979, qui identifiait déjà de graves difficultés peu de temps après la réforme de René Haby en 1975. Le rapport mentionnait des collèges défavorisés subissant des troubles de comportement chez les élèves et des actes de violence. Toutefois, il relevait également des cas de succès, liés à des ensembles d’enseignants soudés, une discipline cohérente et juste, une implication des professeurs dans les activités périscolaires, ainsi qu’une présence notable de professeurs d’enseignement général de collège (PEGC), enseignant plusieurs matières et dotés d’une proximité particulière avec les élèves.

Le paradoxe de la démocratisation de l’enseignement

L’historien Antoine Prost a mis en évidence dans son ouvrage de 1986, étudiant la période de 1945 à 1980 à Orléans, que la démocratisation effective de l’enseignement s’est effectuée avant les réformes de la Ve République. Il a notamment observé un ralentissement de cette dynamique avec la massification scolaire des années suivantes, y compris avec l’établissement du collège unique en 1975. L’approche lente des cours complémentaires, où enseignaient des instituteurs polyvalents similaires aux PEGC, semblait plus efficiente selon lui.

Dans cet effort de refondation des collèges, Gabriel Attal semble précipiter son action, sans prendre le temps de considérer assidûment les leçons historiques de ses prédécesseurs. Cette tendance à l’urgence, sans l’appui profond d’une réflexion basée sur des expériences antérieures, soulève des questions sur l’efficacité et la durabilité des réformes proposées dans un système éducatif déjà complexe.

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Anthony Cardia
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