Redoublement : Les élèves et leurs familles devraient-ils avoir le dernier mot ?

Des élèves dans une école primaire

La régulation du redoublement scolaire connaît un changement notable dans sa gestion, reflétant une évolution des perspectives sur cette question clé de l’éducation. Historiquement, la décision de faire redoubler un élève tenait considérablement compte de la position des parents, ce qui pouvait conduire à des situations de tension avec les membres de l’équipe éducative. À partir de 2024, un revirement de situation est attendu : ce seront les enseignants qui auront le dernier mot en matière de redoublement. Cette modification marque un transfert de pouvoir décisionnel vers les professionnels de l’enseignement, soulignant une confiance accrue dans leur jugement pédagogique pour déterminer le parcours le plus bénéfique pour l’élève.

Redoublement : pivot stratégique de l’Education Nationale

Sous l’impulsion de la réforme « Choc des savoirs » de Gabriel Attal, la France s’apprête à réviser sa législation en 2024 pour valoriser le jugement des enseignants dans la décision de redoublement. Cette initiative découle de la volonté d’améliorer la performance scolaire des élèves, mise en évidence par les résultats préoccupants du PISA. Le but est de réaffirmer l’autorité pédagogique des enseignants et d’intensifier le suivi des progrès des élèves, en dépit des interrogations sur la véritable portée du redoublement.

Dans ce contexte, un consensus émerge parmi les parents : le redoublement ne doit pas être une mesure automatique mais plutôt une option soigneusement considérée, adaptée à chaque élève et sa situation unique. Certains parents voient dans le redoublement une opportunité de rattrapage pour leur enfant.

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La Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP) reconnaît que, même face à des études aux résultats divers, le redoublement peut s’avérer avantageux dans des contextes bien définis. Ce dispositif est envisagé comme un « joker », utilisable dans des conditions spécifiques et après concertation avec les familles, soulignant une approche plus individualisée et réfléchie de l’éducation.

Construire un dialogue éducatif constructif

Face aux difficultés scolaires, l’accent est mis sur l’importance d’une communication transparente et constructive entre les familles, les élèves et les institutions éducatives. À travers des exemples comme celui d’une famille en Seine-Maritime, il apparaît bon que le bien-être et les souhaits de l’élève soient au cœur des discussions relatives au redoublement, afin d’éviter toute tension entre les attentes familiales et les recommandations de l’école.

Dans cette dynamique, le programme gouvernemental « Choc des savoirs » envisage une nouvelle approche du redoublement, où le consentement familial reste important mais n’est plus déterminant. Désormais, l’évaluation professionnelle des enseignants, appuyée par des tests de positionnement, devient la pierre angulaire pour déterminer les besoins spécifiques de chaque élève.

Cette réorientation soulève la question de l’amélioration des stratégies pédagogiques et des supports éducatifs disponibles pour accompagner efficacement les élèves en difficulté. Le redoublement, ne garantissant pas automatiquement un progrès académique, n’est plus envisagé comme la seule réponse aux enjeux d’apprentissage.

Le ministère de l’Éducation nationale, tout en réformant la législation, cherche à maintenir un partenariat actif avec les parents, bien que la décision finale revienne à l’équipe enseignante. Ce modèle repose sur l’idée que seule une collaboration étroite et bienveillante entre les enseignants, les parents et les élèves peut orienter vers les décisions les plus adaptées, mettant en avant l’intérêt supérieur de l’élève au-delà de la solution simpliste du redoublement.

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Anthony Cardia
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