Pourquoi les étudiants désertent-ils les masters MEEF ? Découvrez les raisons inattendues !

des étudiants MEEF

C’est une évolution qui n’a pas laissé le domaine de l’éducation indifférent : le nombre d’étudiants poursuivant un master MEEF diminue de façon marquée. Ce phénomène se manifeste par une diminution des inscriptions dans les instituts de formation dédiés à la préparation des métiers de l’enseignement, les INSPE (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation), indiquant ainsi une réticence croissante à embrasser la carrière enseignante.

La fuite des étudiants des masters en éducation

La chute est indéniable : d’après les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les inscriptions au sein des INSPE ont plongé de 13,3% en un an pour l’année universitaire 2022-2023, avec seulement 53 700 inscrits contre 62 000 l’année d’avant. Cette baisse est ressentie dans tous les niveaux de formation pour l’enseignement, aussi bien dans le premier que dans le second degré.

Depuis la réforme de 2021, les étudiants de M2 MEEF doivent jongler entre stages, rédaction d’un mémoire et préparation aux concours d’enseignement, le tout en une seule année universitaire – un cumul qui a vu 72% des étudiants en INSPE dénoncer une surcharge de travail excessive selon une enquête interne.

Le passage de pratiquement 25 à 30 étudiants à une petite cohorte de 5 à 6 depuis l’année dernière illustre cette érosion des effectifs. Les réformes successives du CAPES (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré) et de la formation pour devenir enseignant ont accentué ce désintérêt pour les masters MEEF.

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Manque de perspectives et spécialisation limitée

Le master MEEF n’offrant que peu d’alternatives en dehors de l’enseignement, un secteur de moins en moins séduisant, et ne permettant pas une spécialisation poussée dans les disciplines du second degré, les perspectives semblent restreintes pour les diplômés. Une réforme est prévue pour 2025, envisageant le positionnement du concours en fin de licence, mais les doutes persistent quant à son efficacité pour renverser la tendance.

Finalement, l’attraction vers les masters MEEF s’amenuise, ce qui conduit à une situation inquiétante pour l’avenir de l’enseignement. La nécessité de revoir en profondeur les modalités de formation et d’améliorer les conditions de travail des futurs enseignants se fait de plus en plus pressante pour espérer redresser la barre.

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Anthony Cardia
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