Pourquoi la réforme du lycée décourage-t-elle les filles d’étudier les maths et les sciences ?

sciences et les jeunes filles

L’effort pour augmenter la participation féminine dans les secteurs scientifiques et technologiques se heurte à l’importance de mesurer les conséquences des réformes éducatives sur cette ambition. Dans ce contexte, la réforme du lycée de 2019, qui a réorganisé les filières générales du baccalauréat, mérite une attention particulière. Bien que cette réforme ait offert aux élèves une plus grande autonomie dans le choix de leurs spécialités, il apparaît que cette nouvelle liberté a conduit à une diminution notable du nombre d’inscriptions aux disciplines scientifiques, affectant principalement les jeunes filles.

Contexte de la réforme et son impact sur les disciplines scientifiques

Avec la suppression des séries générales et l’introduction des enseignements de spécialité, le paysage de la formation au lycée a été bouleversé. Cette révolution éducative a engendré une diminution alarmante du nombre de lycéens et lycéennes suivant un cursus scientifique. Une situation préoccupante car les besoins en compétences techniques et scientifiques sont bien pour répondre aux défis environnementaux, sociaux et économiques actuels. Malgré les déclarations politiques reconnaissant la science comme un pilier central pour l’avenir, les faits relatent une réalité contradictoire, particulièrement défavorable aux jeunes filles.

Si l’histoire récente témoigne d’une augmentation de la scolarisation des filles, y compris dans des filières autrefois dominées par les garçons, la réforme actuelle semble inverser cette tendance. L’examen des parcours d’études secondaires et supérieures des filles indique que, bien que plus nombreuses à suivre une formation générale, leur présence dans les filières scientifiques strictes recule significativement. Cette chute est d’autant plus frappante post-réforme, aggravant les inégalités de genre déjà existantes dans l’accès à ces domaines.

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Résultats de la réforme:

  • Embrasure historique des filles vers les filières scientifiques ralentie.
  • Disparités de genre accentuées suite à la nouvelle mouture du lycée.
  • Première période depuis la Ve République où l’on observe une telle régression de la formation scientifique des élèves féminines.

Les conséquences d’une réorganisation des parcours scolaires

Face à cette mutation des choix pédagogiques, les conséquences sont manifestes : un recul sans précédent de la mixité dans les filières scientifiques. Cette situation trahit une érosion de la diversité et une menace pour l’équité d’accès à l’enseignement des sciences. Il est à craindre que cette nouvelle structuration préserve une élite à prédominance masculine et ferme certaines voies, notamment dans les carrières scientifiques et techniques, pourtant parmi les mieux rémunérées, aux jeunes filles.

L’orientation et le devenir professionnel des filles semblent fragilisés par cette réforme qui limite l’accès à un socle solide en mathématiques et en sciences. À moins d’une prise de conscience et d’actions concrètes pour rectifier le cap, le parcours scolaire risque de reproduire des schémas de ségrégation de genre anachroniques, au lieu de promouvoir une véritable équité dans l’accès et la réussite dans toutes les disciplines, y compris les plus scientifiques.

Face aux objectifs affichés de parité et d’excellence scientifique, il est impératif de surveiller les conséquences structurelles des réformes éducatives et de réaffirmer le rôle fondamental de l’école dans la promotion de l’égalité des chances. Les résultats actuels concernant l’orientation des jeunes filles vers les sciences suite à la réforme de 2019 sont alarmants et méritent une attention soutenue, ainsi qu’une réflexion profonde sur les moyens de les accompagner vers la poursuite de parcours scientifiques. Le défi est grand : garantir la présence des femmes dans les domaines où elles ont historiquement été sous-représentées, pour une société plus juste et équilibrée.

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Anthony Cardia
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