Parcoursup : les itinéraires d’admission universitaire en Europe

Parcoursup : les itinéraires d’admission universitaire en Europe

La plateforme Parcoursup, lancée en 2018 en France, constitue le pivot du processus d’admission post-baccalauréat dans l’enseignement supérieur. Conçue pour remplacer son prédécesseur controversé, APB (Admission Post-Bac), Parcoursup vise à simplifier et à rendre plus transparente l’orientation des lycéens vers les universités, grandes écoles, et autres établissements d’enseignement supérieur. Malgré ses ambitions, la plateforme a été confrontée à des critiques récurrentes, notamment concernant sa complexité perçue et les délais d’attente stressants pour les étudiants.

Comparaison avec d’autres systèmes Européens

En Europe, les méthodes d’admission à l’université varient considérablement, reflétant des philosophies éducatives et des traditions nationales distinctes. Cette diversité souligne l’équilibre différentiel entre la sélectivité et l’accès ouvert dans le parcours académique des étudiants.

  • Royaume-Uni : Le système UCAS (Universities and Colleges Admissions Service) centralise les candidatures pour les universités et colleges. Les étudiants postulent à jusqu’à cinq cours, avec des lettres de motivation et des références, avant de recevoir des offres conditionnelles ou inconditionnelles basées principalement sur leurs résultats académiques.
  • Allemagne : Les universités allemandes offrent un mélange d’admission ouverte pour certaines filières et de procédures sélectives pour les cours les plus demandés, comme la médecine. Les critères incluent souvent les notes du Abitur (équivalent du baccalauréat), les tests d’aptitude spécifiques, et parfois des entretiens.
  • Pays-Bas : Le système néerlandais distingue les programmes à numerus fixus (nombre de places limité) qui requièrent une sélection supplémentaire, des programmes ouverts. Les critères de sélection varient mais peuvent inclure les notes du diplôme de fin d’études secondaires, les résultats de tests, et des lettres de motivation.
  • Italie : L’accès à l’université en Italie est souvent soumis à des tests d’entrée, particulièrement pour les filières réglementées comme la médecine et l’architecture. Ces tests sont conçus pour limiter le nombre d’étudiants et garantir une adéquation entre les capacités des candidats et les exigences des cours.
Cet article va également vous intéresser  Madagascar: controverse autour d'un appel aux dons pour l'éducation

Royaume-Uni : Sélection précoce et centralisée

  • GCSE et A-levels : Au Royaume-Uni, la préparation pour l’enseignement supérieur commence dès 16 ans avec le GCSE. Les étudiants sélectionnent ensuite trois matières pour les A-levels nécessaires à l’admission universitaire.
  • UCAS : Le système britannique utilise la plateforme UCAS pour gérer les candidatures aux universités, les dossiers scolaires étant scrutés avec divers critères, dont les activités parascolaires et les lettres de recommandation.
  • Sélectivité : Des entretiens et des examens spécifiques peuvent être exigés par des institutions prestigieuses telles qu’Oxford et Cambridge.

Allemagne : Un système mixte

  • Abitur : L’accession à l’université en Allemagne dépend de l’obtention de l’Abitur, équivalent au baccalauréat, mais l’orientation professionnelle dès 10 à 12 ans est également valorisée.
  • Hochschulstart : Une plateforme nommée Hochschulstart régule les admissions pour certains cursus sélectifs, avec un principe de priorisation des vœux et une sélection basée majoritairement sur les notes de l’Abitur.

Espagne : Double examen et sélection par université

  • Examen de fin de lycée : En Espagne, le bachillerato clôture les études secondaires. La selectividad, composée de cinq épreuves obligatoires et jusqu’à quatre matières optionnelles, détermine les chances d’intégrer l’université.
  • Note d’admission : Les universités retiennent les étudiants en fonction d’une note agrégée sur 10.
  • Décentralisation : Sans plateforme unique, les étudiants doivent postuler directement à chaque université désirée.

Italie : Entre Tradition d’Ouverture et Sélection

  • Maturità : L’examen de fin d’études, la maturità, est supposé ouvrir les portes de l’université, mais en pratique, des tests d’admission ont été mis en place pour les parcours les plus demandés.
  • Numerus clausus : Certains parcours, soumis à un numerus clausus, requièrent la réussite de tests de niveau pour l’admission des étudiants.
  • Tests TOLC : Pour rationaliser le processus d’évaluation des candidats, un consortium d’universités italiennes a instauré les tests TOLC, utilisés à la fois comme un outil de sélection et d’orientation.

L’admission universitaire en Europe montre que chaque pays adopte des stratégies variées, reflétant à la fois des philosophies éducatives et des infrastructures administratives distinctes. Des systèmes fortement sélectifs comme au Royaume-Uni aux processus plus décentralisés comme en Espagne, les étudiants européens doivent naviguer à travers des mécanismes aussi diversifiés que leurs aspirations académiques.

5/5 - (1 vote)
Anthony Cardia

Partagez cet article avec vos proches

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *