L’école inclusive : Financement des accompagnants d’élèves handicapés à la cantine par l’État

L’école inclusive : Financement des accompagnants d’élèves handicapés à la cantine par l’État

La décision du gouvernement d’assumer les coûts des Auxiliaires de Vie Scolaire (AESH) durant les heures de cantine s’inscrit dans une démarche plus globale visant à renforcer l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap. En effet, cette mesure, annoncée par Gabriel Attal, entend répondre à une double exigence : garantir un accompagnement adéquat des enfants nécessitant un soutien spécifique à la pause méridienne et, parallèlement, améliorer les conditions de travail des AESH en leur offrant la possibilité d’étendre leur amplitude horaire et donc leur rémunération. Ce changement, très attendu par les familles concernées et les professionnels de l’accompagnement, marque un pas significatif vers une école plus inclusive.

La prise en charge des AESH à la cantine vient pallier une lacune longtemps décriée dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Jusqu’à présent, la rupture dans le suivi de ces élèves pendant le temps de cantine constituait un moment de la journée où l’inclusion peinait à se concrétiser pleinement. En élargissant le rôle des AESH à ce moment clé, l’État affirme son engagement en faveur d’une école qui adapte ses structures pour répondre aux besoins de tous les élèves, sans exception.

Ce dispositif, en offrant une meilleure continuité dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap, promet non seulement de rassurer les familles mais aussi de valoriser le métier d’AESH. En effet, en reconnaissant et en finançant le travail essentiel de ces professionnels pendant les heures de cantine, le gouvernement souligne l’importance de leur mission et contribue à rehausser leur statut au sein de la communauté éducative. Cette mesure s’inscrit donc dans une logique d’amélioration constante de l’inclusion scolaire, cherchant à garantir à chaque enfant un environnement adapté et bienveillant tout au long de sa journée scolaire.

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Une loi envisagée pour consolider le dispositif

La récente proposition de loi adoptée par le Sénat, visant à modifier le cadre de travail des Auxiliaires de Vie Scolaire (AESH) en transférant la responsabilité financière de leur emploi à l’État pendant le temps de cantine, représente un tournant dans la politique d’inclusion scolaire. Cette évolution, attendue pour être discutée à l’Assemblée nationale, pourrait significativement améliorer l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Toutefois, cette avancée fait suite à des années d’incertitudes, marquées par une décision du Conseil d’État en 2020 attribuant aux collectivités la gestion de ces emplois, situation qui a souvent laissé des enfants sans accompagnement adéquat.

Cependant, la perspective d’un passage à un temps plein pour les AESH, bien que présentée comme une avancée, soulève des interrogations parmi les professionnels et les syndicats. Chaker Brahim, représentant de la commission AESH du FSU-Snuipp 93, exprime des réserves quant à l’impact de cette mesure sur la qualité de vie au travail des AESH. La crainte d’une charge de travail continue sans moments de pause nécessaire est évoquée, ainsi que le manque de formation et de temps de coordination avec les enseignants, des aspects à considérer pour la réussite de l’inclusion scolaire.

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En dépit de ces avancées législatives, les revendications principales du corps des AESH restent partiellement inassouvies. Cécile Stassi, du FSU Snuipp 75, pointe du doigt le faible pourcentage d’AESH travaillant à temps plein et souligne la demande persistante pour un statut de fonctionnaire et une rémunération plus équitable. Ces aspects mettent en lumière le fossé entre les mesures proposées et les attentes réelles des professionnels engagés au quotidien dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap, rappelant l’importance d’une écoute et d’une réponse adéquate aux besoins exprimés par les acteurs de terrain pour une inclusion réussie.

Un budget dédié mais des zones d’ombre

  • Budget attribué: 55 millions d’euros annuels.
  • Nombre d’élèves concernés: Incertain à l’heure actuelle, dépendant des besoins réels d’accompagnement.

Le ministère de l’Éducation nationale précise que seuls 6 à 7 % des enfants qui bénéficient d’une aide en classe accèdent également à ce soutien durant les temps périscolaires. Concernant le dernier recensement à la rentrée 2022, on comptait 436 000 écoliers en situation de handicap intégrés dans le système scolaire ordinaire.

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Anthony Cardia

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