Le baccalauréat : Était-il vraiment égal pour les filles et les garçons il y a 100 ans ?

Le baccalauréat : Était-il vraiment égal pour les filles et les garçons il y a 100 ans ? Découvrez la vérité sur cette réforme historique !

Le baccalauréat français, pierre angulaire du système éducatif du pays, célèbre un siècle d’existence sous une forme égalitaire pour les femmes et les hommes. Cette évolution majeure, consacrée par le décret du 25 mars 1924, a uniformisé l’examen pour tous, supprimant ainsi les différences de traitement entre les genres qui prévalaient auparavant.

Selon les travaux de l’historienne Evelyne Héry, cette modification législative a bien entraîné une augmentation des inscriptions féminines. Néanmoins, dans les années 30, notamment dans des disciplines comme les mathématiques et la philosophie, les femmes ne représentaient encore qu’une minorité des candidats, en particulier à l’académie de Rennes, où elles ne constituaient que le cinquième des participants.

Les motivations derrière le diplôme pour les nouvelles bachelières

Les jeunes filles qui se présentaient à cet examen venaient principalement des classes urbaines moyennes, cherchant à accéder à des carrières requérant des qualifications supérieures. La réforme visait à préparer les filles aux carrières publiques et privées au même titre que les garçons, surtout en période de post-conflit où la nécessité de subvenir à ses propres besoins devenait une priorité pour un nombre croissant de femmes.

Au-delà des aspects pratiques, le baccalauréat servait également de distinction sociale, confirmant l’appartenance aux classes aisées et facilitant, pour certaines, la perspective d’un mariage avantageux. Toutefois, le rôle traditionnel de la femme au foyer était toujours sous-jacent, la culture générale acquise étant perçue comme un vecteur de moralité et d’autorité parentale.

Alors, l’égalité était-elle vraiment au rendez-vous? Il semblerait que non. Les différences notables entre l’éducation féminine et masculine se manifestaient encore par le nombre réduit d’heures de latin et de grec pour les filles, ainsi que par la persistance des cours de couture. De plus, l’orientation des filles vers certaines disciplines plutôt que d’autres révélait une sous-estimation persistante de leurs capacités, tant par la société que par les personnes concernées elles-mêmes.

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Malgré cette révolution dans l’éducation des femmes, la perception des rôles de genre a mis du temps à évoluer. Les filles restent paradoxalement associées aux fonctions maternelles et éducatives. Néanmoins, le pourcentage de bachelières a continué de croître, surpassant celui des bacheliers (88 % pour les filles contre 78 % pour les garçons en 2021). Toutefois, des inégalités demeurent, particulièrement dans la représentation féminine dans des spécialités comme les mathématiques.

Laccès à un cursus et un diplôme de baccalauréat unique aura franchi un pas considérable vers l’égalisation des chances en éducation entre les sexes, mais des obstacles et des stéréotypes perdurent. Il s’agit d’un témoignage de la complexité de l’évolution des mentalités et des structures éducatives, qui continuent à évoluer et à s’adapter à la quête d’équité.

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Anthony Cardia

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