Inégalités à l’école : les pièges des groupes de niveau, un remède qui pourrait aggraver le mal

Inégalités à l’école : les pièges des groupes de niveau, un remède qui pourrait aggraver le mal

Des regroupements de niveau en débat

Des regroupements de niveau en débat

Au sein du milieu scolaire, une innovation prévue pour l’année 2024 a récemment fait surface, provoquant des remous dans l’univers éducatif. La mise en œuvre prochaine d’une réforme visant à répartir les élèves de sixième et cinquième en différents groupes selon leurs performances en français et mathématiques interpelle.

Les directeurs des établissements sont dans l’attente de directives financières claires afin de s’organiser quant à l’application de cette mesure. L’introduction de ces groupes de niveaux a initialement reçu un accueil favorable de la part d’une fraction des pédagogues, notamment sous l’impulsion d’un ministre soutenu par le président de la République. Cependant, malgré l’ensemble des emploi sauvegardés dans le secondaire contradictoirement à un déclin démographique, cette réorganisation s’annonce financée en partie par la suppression d’heures de soutien pédagogique en classe de sixième.

L’attrait initial d’une mesure controversée

En détail, la rentrée 2024 vise à classer les jeunes élèves en trois catégories distinctes (supérieurs, intermédiaires et novices) pour certaines matières fondamentales. À l’origine pensée pour répondre à l’hétérogénéité grandissante des niveaux scolaires, cette décision a suscité un intérêt certain chez certains enseignants confrontés à la difficulté d’adresser une classe aux multiples besoins.

Toutefois, cette acceptation n’est pas unanime et les syndicats enseignants, avec l’exception notable du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur, plébiscitent moins cette orientation, souvent perçue comme une exacerbation potentielle des inégalités entre élèves. Ces ajustements, flexibles et basés sur l’évolution des jeunes, comportent leurs défis et leurs limites, notamment dans l’adaptation des méthodes pédagogiques aux divers besoins individuels.

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Des résultats mitigés et des inquiétudes persistantes

Certaines expériences passées conduisent à interroger l’efficacité réelle de tels groupements. Des essais antérieurs dans plusieurs établissements sur une dizaine d’années n’ont pas démontré une amélioration notable des performances ou des conditions d’apprentissage. Des voix s’élèvent contre le risque de stigmatisation et d’une baisse d’estime personnelle chez les élèves confinés dans les groupes inférieurs, sans compter les problèmes logistiques que pourraient engendrer l’organisation de ces groupes dans les écoles aux moyens plus limités.

Une réflexion globale sur les moyens alloués

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La problématique des ressources attribuées à l’éducation s’ajoute à la controverse. Le contraste entre l’afflux de nouveaux postes et la réduction d’heures de soutien spécifiques soulève des questions quant à la distribution équitable des moyens pour favoriser une éducation inclusive et équitable. Les régions déjà confrontées à des difficultés, dont la Seine-Saint-Denis et les territoires ultramarins, s’inquiètent de l’impact de ces dispositions sur une population scolaire déjà vulnérable. En définitive, cette réforme soulève l’importante question de la capacité des établissements scolaires à s’adapter aux besoins diversifiés de l’ensemble des élèves dans un contexte de contraintes budgétaires et pédagogiques.

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Anthony Cardia

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