Gérer l’indiscipline des élèves : stratégies efficaces pour le premier degré

Gérer l’indiscipline des élèves : stratégies efficaces pour le premier degré

En milieu scolaire, surtout en maternelle et en élémentaire, la gestion des comportements indisciplinés s’avère souvent complexe. Les sanctions traditionnelles étant peu adaptées à ces niveaux, les enseignants doivent donc se tourner vers des méthodes alternatives pour maintenir l’ordre et promouvoir un environnement d’apprentissage sain. Voici quelques approches pédagogiques qui ont fait leurs preuves dans la gestion de la discipline de manière constructive.

Renforcement positif et autonomisation des élèves

Une première approche consiste à utiliser le renforcement positif. Cette technique se base sur l’encouragement des bons comportements plutôt que la punition des mauvais. En reconnaissant et en récompensant activement les efforts et les comportements positifs des élèves, les enseignants peuvent renforcer ces attitudes souhaitables. Cela peut se traduire par des éloges verbaux, des systèmes de points ou de récompenses, encourageant ainsi les élèves à reproduire ces comportements.

Parallèlement, l’autonomisation des élèves est une stratégie clé. Impliquer les élèves dans l’établissement des règles de classe et dans la définition des conséquences en cas de non-respect peut leur donner un sentiment de propriété et de responsabilité envers leur environnement d’apprentissage. Cela encourage non seulement la discipline mais aussi l’autonomie et la prise de décision responsable.

Techniques de gestion de classe et communication non violente

Les techniques de gestion de classe sont importants. Structurer la salle de classe de manière à favoriser l’attention et minimiser les distractions, ainsi que l’organisation de routines claires, contribue à réduire les comportements indisciplinés. La communication non violente (CNV) est une autre méthode efficace. Elle vise à établir un dialogue ouvert et respectueux entre l’enseignant et les élèves, permettant de comprendre les raisons sous-jacentes aux comportements perturbateurs et de travailler ensemble pour trouver des solutions.

S’adapter au règlement intérieur

Les écoles ont une liberté de mouvement accordée par le règlement type du département. Ce règlement, conformément à la circulaire n° 2014-088 du 9 juillet 2014, favorise principalement la reconnaissance et la responsabilité des élèves. Les priorités restent la reconnaissance des comportements positifs et la création d’un environnement scolaire agréable. Néanmoins, des réactions fermes sont nécessaires aux actes répréhensibles qui perturbent l’enseignement ou menacent le bien-être des personnes, ce qui implique une communication rapide avec les parents ou tuteurs légaux. Il est important de souligner que la privation totale de récréation n’est pas considérée comme une forme de punition acceptée.

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La coopération des équipes éducatives pour résoudre les problèmes comportementaux

Il faut mobiliser tous les acteurs de l’éducation lorsqu’un élève manifeste un comportement perturbateur. Pour proposer des mesures d’aide ou d’orientation vers des structures adaptées, un psychologue scolaire et un médecin peuvent effectuer une évaluation détaillée. Souvent, l’implication des parents s’avère bénéfique et peut inclure le recours à divers services complémentaires, tels que ceux liés à la santé ou au social.

L’exclusion scolaire est une solution dernier recours

Il peut exceptionnellement être demandé au directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) de demander auprès du maire le transfert de l’élève vers un autre établissement à l’intérieur de la commune ou un autre en collaboration avec les parents si les tentatives de résolution et d’encadrement éducatifs échouent. Il est nécessaire d’inclure l’exclusion dans le règlement intérieur et de ne l’envisager qu’après l’échec des autres options. Il est crucial de mettre l’accent sur la recherche de solutions en haut et de ne jamais considérer l’exclusion comme une punition.

Documents de référence

  • Article L511-1 du Code de l’éducation
  • Circulaire n° 2014-088 du 9 juillet 2014
  • LIJ N° 195, novembre 2016
  • Question écrite n° 5851 à l’Assemblée nationale, publiée le 4 décembre 2018

Gérer l’indiscipline s’apparente à un équilibre délicat entre affirmation de l‘autorité et incitation à la coopération, entre réprimande et reconnaissance des efforts. C’est par la nuance et la collaboration que l’école primaire peut espérer instaurer une discipline contribuant à l’épanouissement et au respect mutuel des élèves.

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Anthony Cardia

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