Faut-il punir l’enseignement privé pour sauver l’éducation publique ?

Un jeune dans un lycée privé

Une coalition d’organisations syndicales, comprenant la FSU, l’Unsa-Éducation, la CGT Éducation, SUD, ainsi que des associations de parents d’élèves telles que la FCPE, des groupements de lycéens, et des organismes dédiés à l’éducation populaire, notamment la Ligue de l’enseignement, s’exprime sur la question de la pérennité financière de l’enseignement privé en France. Leur message est clair : ils soutiennent que l’enseignement privé devrait pouvoir fonctionner financièrement sans dépendre des subventions publiques.

La redistribution des ressources

Au cours d’une récente rencontre avec la presse, un groupement incluant des syndicats, des associations de parents et d’élèves, ainsi que des acteurs de l’éducation populaire, a exprimé son souhait de voir les fonds publics actuellement destinés à l’enseignement privé être redirigés vers le secteur public. Ils arguent que l’enseignement privé ne remplit pas adéquatement son rôle en matière de diversité sociale et éducative.

Frédéric Marchand, de l’Unsa-Éducation, suggère une mesure forte : la réduction des subventions publiques attribuées à l’enseignement privé, envisageant cela comme une forme de « pénalisation ».

De son côté, Sophie Vénétitay, de la Snes-FSU, appelle à une autonomie financière complète de l’enseignement privé, libérant ainsi les fonds d’État pour les allouer au secteur public. Elle met l’accent sur la nécessité de doter l’enseignement public des moyens adéquats pour son développement, proposant que le transfert de budget du privé au public contribuerait à renforcer le système éducatif public.

Un contexte de controverse réactualisé

Les organisations engagées dans cette démarche aspirent à une forme de reconquête des moyens actuellement accordés au privé. Elles se mobilisent également contre ce qu’elles perçoivent comme des attaques envers l’école publique. Récemment, ce débat a été ravivé par des propos d’une ancienne ministre de l’Éducation, qui évoquait des difficultés de remplacements dans les écoles publiques comme justification de la scolarisation de son fils dans le privé.

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L’argumentaire des défenseurs de l’éducation publique s’affirme également sur des études montrant que l’enseignement privé accentuerait les clivages sociaux et scolaires. Quarante ans après l’abandon de la loi Savary qui envisageait un système éducatif unifié et laïc, cette remise en question sur le rôle et le financement de l’enseignement privé résonne comme un écho des grands débats historiques de l’éducation en France comme l’explique bien cet article.

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Anthony Cardia

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