CPF : Faut-il dire adieu à la liberté de choisir son avenir professionnel ?

un employé qui apprend qu'il ne pourra pas utiliser son CPF en 2024

La récente proposition d’introduire une contribution obligatoire au sein du Compte Personnel de Formation (CPF) suscite des préoccupations quant à son impact sur l’autonomie professionnelle, particulièrement pour les individus provenant de milieux économiquement défavorisés. Cette mesure pourrait restreindre l’accès au CPF pour certains, mettant en jeu l’équité de cette ressource pour le développement professionnel.

Le CPF, un gage de formation continue et adaptative

Depuis son instauration par le cadre législatif du 5 mars 2014, le CPF représente une évolution majeure dans l’élargissement des prérogatives inhérentes à la protection sociale. Sa raison d’être et ses modalités le rapprochent d’une forme de protection face au risque de désuétude des compétences, dans un univers professionnel fluctuant. Accessible à tout employé ou chercheur d’emploi de 16 ans et plus, ou même dès 15 ans pour les apprentis, jusqu’au moment de la retraite, le CPF a été mis en place pour les salariés du privé début 2015 et pour les fonctionnaires début 2017.

La conversion des heures de formation en euros, effective depuis le 1er janvier 2019, a simplifié l’utilisation de ce droit. Ainsi, chaque titulaire accumule annuellement 500 euros dans la limite de 5 000 euros. Pour les profils moins qualifiés, ces chiffres augmentent à 800 euros par an avec un seuil maximal de 8 000 euros. Quant aux salariés à temps partiel, ils jouissent des mêmes droits que ceux travaillant à temps plein.

Le lancement de l’application « MonCompteFormation » par la Caisse des dépôts et consignations fin novembre 2019 a favorisé l’adoption rapide du système. Cette application facilite l’accès direct aux droits cumulés et aux formations éligibles, permettant une inscription en ligne sans intermédiaires.

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Succès et répercussions financières

Les statistiques des dernières années témoignent d’une utilisation massive du CPF, où des millions d’activistes l’ont mobilisé pour leur formation. La Dares confirme que l’impact de cette réforme s’avère favorable, avec une majorité d’usagers ayant un niveau d’éducation inférieur au baccalauréat et un tiers ayant dépassé 45 ans. D’ailleurs, une portion significative des utilisateurs étaient demandeurs d’emploi, et parmi eux, une proportion notable a retrouvé un emploi après formation.

Cependant, les coûts liés au CPF représentent une charge budgétaire pour l’État, s’élevant à plusieurs milliards d’euros, bien que celui-ci soit principalement financé par les contributions des entreprises à la formation professionnelle continue.

Des contraintes financières pour les bénéficiaires

La remarque récente du ministre de l’Économie sur l’instauration d’une quote-part personnelle soulève des questions quant à l’accessibilité future du CPF. Ce « ticket modérateur », suggéré pour des considérations budgétaires, serait d’au moins 10% du coût total de la formation, avec certaines exemptions.

Cette proposition, qui aurait pour but une économie considérable pour l’État, pourrait toutefois réintroduire des disparités dans l’accessibilité à la formation professionnelle. Pour les hauts salaires et cadres, le financement d’une formation onéreuse au-delà des fonds du CPF est déjà une pratique courante. En revanche, pour ceux percevant des revenus moins élevés, même un reste à charge minime peut représenter une somme non négligeable, possiblement dissuasive, et peut compromettre la poursuite de leur développement professionnel.

Conclusion :

La réforme du CPF était initialement pensée pour réduire les inégalités d’accès à la formation tout au long de la carrière professionnelle. L’introduction envisagée d’une participation financière imposée aux titulaires du CPF pourrait cependant restreindre cette liberté de choix en termes de parcours professionnel pour certains, en particulier pour les personnes les moins aisées économiquement.

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Anthony Cardia

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